Visite découverte d'Uzès

Avant d’arriver à Uzès la verticalité minérale impressionne. En flânant dans ses ruelles au charme d’Ombrie, les profondeurs parfois aquatiques s’imposent.

Depuis la route de Nîmes comme de la promenade Jean Racine les trois tours du pouvoir, ducal (tour Bermonde), royal (tour du Roi) et religieux (tour de l’Evêque) jalousent les sommets de lumière. Le soleil couchant les enrubanne d’orangés, celui du matin les nimbe de nuances bleutées. Les cyprès, parfois centenaires, tentent d’entrer en concurrence de verticalité. Ils jalonnent les parcours dans la vieille ville et laissent une impression aux limites de la Toscane. Cette sensation persistante renforcée par les couleurs de la pierre et les terrasses se niche dans les moindres recoins des imbrications architecturales ; un spectacle à s’offrir depuis le toit-terrasse de la médiathèque, elle-même emblématique de la sauvegarde patrimoniale et de la modernité si bien mariées à Uzès.

Avec les platanes, les cyprès contribuent à installer des marqueurs d’ombre indispensables aux épopées napoléoniennes. Ensemble il deviennent au fil du temps de puissants poumons verts. La verticalité des cyprès et la domination des tours uzétiennes est une première façon de déguster la ville. Elle invite aussi à se perdre dans les ruelles à la découverte de portes richement dotées de bossages en boudins et pointes et diamants. La magie poursuit ainsi son œuvre de places en esplanades, de façades en fontaines ; une dizaine de places en sont dotées. Partout la pierre et l’eau se côtoient, se combinent et contribuent à cette alchimie si particulière.

La vallée de l’Eure, en contrebas du parc du Duché, en est la pièce maitresse. Dès le milieu du 1er siècle après J.-C., l’eau captée depuis cette source est conduite à Nîmes via le Pont-du-Gard. C’est une autre façon de déguster la ville : la pierre et l’eau.

Il suffit de contourner l’illustre place aux herbes pour profiter des charmes de la cité ducale ; lever les yeux pour saisir les sommets minéraux et végétaux, s’encanailler dans les entrailles de la ville vers des profondeurs parfois aquatiques, respirer l’ambiance à l’italienne.
 

Enfouie sous la gendarmerie qui va devenir un internat, la mosaïque d’Uzès, découverte en 2017, va trouver une place d’honneur dans l’Evêché, désormais pôle culturel de la ville. Cette pièce est exceptionnelle par sa dimension, son motif et son état de conservation : sur plus de 60 mètres carrés, la mosaïque datée de 60 ans après J.-C., met en scène un bestiaire rare avec en particulier canards et cerfs. 

La duchesse Marie-Louise de Crussol d’Uzès, une femme de caractère, a su imposer Uzès dans le trio historique des secteurs sauvegardés par la loi Malraux du 4 août 1962. Son descendant, Jacques de Crussol d’Uzès, duc actuel, poursuit la route avant-gardiste tracée par sa grand-mère. Il préside l’ANF, Association d’entraide à la Noblesse Française, puis crée « ANF Entreprendre » dans l’objectif de stimuler l’esprit entrepreneurial de la jeunesse l’aristocratique. 

La richesse de la ville est telle qu’il faut oser sortir de la place aux herbes, passer le boulevard pour se faufiler dans les ruelles des XVII et XVIIIème siècles. Ces nouveaux quartiers sauvegardés marquent l’extension de la ville au XVIIème siècle, dès lors que les remparts sont tombés. Dans ces ruelles aux arches multiples, il est permis de découvrir, quasi-intacte, la vie de l’époque. Le secteur sauvegardé d’Uzès passe ainsi en 2005 de 11 à 47 hectares. 

Consulter le programme et l'ensemble des éditions Uzès, ville d'art et d'histoire (multilingues)

Contact

Culture et patrimoine

Service Ville d'art et d'histoire, Ville Uzès - Maison du patrimoine

Maison du Patrimoine
Chapelle des Capucins, 14, place Albert Ier
BP 13129 - 30703 Uzès Cédex
30700 Uzès