Ville d'Uzès




Uzès Danse 2017 : le monde en mouvement parfois boulversé

Mercredi 7 Juin 2017

Après le succès du nouveau format utilisé en 2016, la 22e édition du festival se tient sur deux week-ends : 10-11 puis 15-16-17 juin. L'occasion de s'immerger totalement le temps d'un week-end complet, ou de venir en pointillé, goûter ça et là aux spectacles proposés. Une édition 2017 qui se veut tout public ! Publié le 07/06/2017



Un Sueno Despierto - Christophe Haleb © Alain Trompette (Samdi 10 juin  et dimanche 11 juin à 15h)
Un Sueno Despierto - Christophe Haleb © Alain Trompette (Samdi 10 juin et dimanche 11 juin à 15h)
"L'art qui résiste, est le plus apte à forger un homme libre, et les réseaux qui tissent en nous les œuvres rencontrées forgent un caractère, aiguisent nos sens, à commencer par notre sens critique, dont nous avons tant besoin maintenant, tout de suite, introduit Sylvie Gouttebaron, directrice de la Maison des écrivains et de la littérature, "l'art de donner du sens à nos nuit endeuillées" dans Libération du jeudi 18 août 2016.

"​Ces mots écrits dans la continuité des événements qui ont endeuillé notre pays récemment, nous les reprenons à notre compte car ils expriment avec justesse et précision l'endroit où, en toute modestie, nous avons souhaité placer le curseur de cette 22e édition du festival et de notre action tout au long de la saison", exprime ainsi Liliane Schaus, la directrice du Centre de Développement Chorégraphique Uzès Danse pour donner le ton de cette nouvelle saison.

​"L'exigence, la rigueur, des œuvres qui nous marquent et aiguisent notre intellect, notre esprit d'analyse, sans oublier nos sens" ajoute-t-elle. Poreux, les artistes invités, retranscrivent en corps ces dérèglements du monde, mêlant l'intime à l'universel. Leurs réponses sont esthétiques et politiques, douloureuses parfois, burlesques, poétiques et distanciées d'autres fois.

Leurs propositions s'opposent, se suivent et se répondent pour tisser une toile éphémère dans laquelle l'histoire de l'art, la mémoire collective, les rituels jouent un rôle fondateur qui permet de mieux comprendre le présent et de construire l'avenir.

Il y en aura pour tous les goûts. Pendant cinq jours sur deux week-end, 17 spectacles de danses contemporaines s'exhibent au lavoir, dans le jardin de l'évêché, à l'église St Etienne, ou encore au jardin médiéval. "Ces lieux emblématiques du patrimoine uzétien confèrent aux oeuvres chorégraphiques présentées une couleur toute particulière qui contribue à créer  l'identité du festival Uzès danse" précise Jean-Luc Chapon, maire d'Uzès.
Des spectacles au tarif unique de 10 euros. Renseignements au 04 66 03 15 39

Retrouvez l'ensemble du programme ici

Des idées de spectacles

Conjurer La Peur Gaelle Bourges © ( Samedi 10 juin à 21h30 )
Conjurer La Peur Gaelle Bourges © ( Samedi 10 juin à 21h30 )
Le samedi 10 juin 2017 :

Magali Milian et Romuald Luydlin présentent leur nouvelle création Bleu, à 17h. Ils nous invitent à expérimenter l'abstraction et à goûter "au plaisir d'entrer dans les profondeurs". Une expérience des sens. Une troublante immersion. Aussi inspirante qu'aspirante à l'église St Etienne.

Ouverture du festival le samedi 10 juin, par des discours inauguraux prononcés par les partenaires et soutiens au festival au jardin de l'évêché suivi du spectacle.

Conjurer la Peur, à 21h30, au jardin de l'évêché : avec Gaëlle Bourges et son équipe, ils redessinent la fresque et ses détails sur le programme politique en image du palais communal de la ville de Sienne, une commande des autorités qui gouvernaient alors sous le signe de la collégialité et du bien commun. Tout cela à travers une danse qui lie poétique et politique à la fois fermement et habilement.

Indivisibilité par Laurent Pichaud, dimanche 11 juin à 17h à l'église St Etienne est une rencontre avec Deborah Hay, chorégraphe américaine qui développe un rapport singulier où il est avant tout question de conscience du corps plus que de savoir faire ou technique. Processus d'écriture dans lequel elle fait essentiellement appel aux mots, aux métaphores, aux questions et à l'imaginaire.

Les soirées partagées

Sa Priere - Malika Djardi © Christophe Louergli ( Dimanche 11 juin à 19h )
Sa Priere - Malika Djardi © Christophe Louergli ( Dimanche 11 juin à 19h )
Le dimanche 11 juin 2017 :

Apéro cubain, le dimanche 11 juin à 12h dans la lignée des bords de plateaux, Christophe Haleb et Olivier Hespel proposent au public un temps de discussion autour du film Un sueno despierto, en dégustant un apéritif cubain. Alors que le public peut assister en entrée libre à la projection du film au lavoir, samedi et dimanche à 15h, en fonction des places disponibles. 

Malika Djardi avec Sa prière, à 19h au Jardin de l'évêché raconte l'histoire de sa propre mère Marie-Bernadette Philippon convertie à l'Islam par mariage puis par conviction, elle fera part d'un récit pointillé de la mère qui évoque sa foi, sur les rituels, le passé, mais également son mari et ses désirs.

Puis Paula Pi, Ecce (H) omo, interprète dans toute son intégralité, tout en jonglant finement avec ses pauses, les commentaire, les genres ainsi que les langues, l'œuvre Vanité composé de cinq temps, enregistré peu de temps avant que Dore Hoyer en se donne la mort. La démarche est claire : brouiller les pistes.
 

Expressions corporelles à travers la danse

Il y a longtemps - Danya Hammoud (c) Alois Aurelle ( Samedi 17 juin à 19h30 )
Il y a longtemps - Danya Hammoud (c) Alois Aurelle ( Samedi 17 juin à 19h30 )
Le jeudi 15 juin 2017 :

Rachel Garcia artiste plasticienne et danseuse en collaboration avec David Wampach, directeur artistique, présente un projet d'éducation artistique et culturelle nommé Uzès, chemins de danse à l'école, à 14h à l'église St Etienne organisé sur cinq classes de primaire et maternelle sur l'œuvre emblématique d'Oskar Schlemmer le Ballet triadique (1922). L'objectif étant de sensibiliser le public à la culture chorégraphique, à travers un programme riche d'actions artistiques et culturelles. Ce projet est basé sur trois grands axes, l'expérience pratique de la danse, l'expérience sensible du spectacle, ainsi que l'expérience didactique et critique.

​Avec Danser la peinture - Le douzième chapitre de Jann Gallois, Chorégraphe, Laurent Paillier, photographe et Philippe Verrièle, critique de danse, au lavoir à 18h. Leur interprétation libre et dansée se base sur le concept de confronter un chorégraphe au travail d'un plasticien, et inviter le premier à concevoir une danse, une performance, en réponse au second.

URGE par David Wampach, à 22h au jardin de l'évêché plonge au cœur des humeurs humaines, qu'il s'agisse d'états d'âme ou de fluides corporels. Les membres en tension, la bouche ouverte, il vient de rompre le silence et semble nous interpeller. Aucun mot pourtant, seuls des sons de glotte et de langue. Cette image puissante est rapidement décuplée par l'arrivée d'un deuxième corps, puis deux sons encore. Peu alors commencer un électrique jeu de rencontres et d'observation, d'une grande liberté, entre pulsions retenues et assouvies.

Weaver - Alexandre Roccoli © Juliette Ze ( vendredi 16 juin à 21h30 )
Weaver - Alexandre Roccoli © Juliette Ze ( vendredi 16 juin à 21h30 )
Le vendredi 16 juin 2017 :

Mais également VEINE, de David Wampach, à 19h30 au jardin médiéval, danse originaire de la région des Pouilles en Italie. David Wampach reprend une ancienne tradition et rituel médiéval qui consiste à soigner une personne victime d'une morsure venimeuse d'une araignée la tarentule. Cette danse se compose de deux temps, deux corps et deux espaces. Il ne s'agit pas ici de rentrer dans un état de transe, il est clairement question de dépassement et de transformation de soi. Un rituel donc, à découvrir au plus près des chairs et des matières.

Alexandre Roccoli avec Weaver-Quintet,  à 21h30 au jardin médiéval développe une recherche à la fois "vidéographique", plastique et chorégraphique  sur des gestes artisanaux anciens, résistant à l'oubli, et toujours plus menacés par l'automatisation industrielle. Le chorégraphe Alexandre Roccoli poursuit le développement de cette trame où il entrelace sa curiosité méticuleuse pour les gestes du tissage. Acte libérateur, sinon de résilience, cette création sera précédée de la projection d'un film, antichambre ou prologue, à la fois poétique, intime et documentaire.


Il y a long temps - Danya Hammoud (c) Alois Aurelle ( samedi 17 à 19h30 )
Il y a long temps - Danya Hammoud (c) Alois Aurelle ( samedi 17 à 19h30 )
Le samedi 17 juin :

FUN ! à 17h, à l'église St Etienne par Lea Moro, fait référence aux plaisirs dans nos vies à travers la danse, le théâtre et la performance. Elle a prit comme point de départ les parcs d'attractions, quelques clins d'œil au monde fitness ou aux techniques de bien-être en prime. Un questionnement qu'elle et quatre autres interprètes abordent avant tout d'un point de vue formel, mais résolument débridé. Atmosphère sonores aux respirations mécaniques, doux chants d'oiseau, pop aux accents dance ou funky.

Il y a longtemps que ne n'ai pas été aussi calme, à 19h30 à l'église St  Etienne, Danya Hammoud déplie ici un surprenant duo. Ciselant avec ténacité le silence des corps de l'espace, elle révèle à nouveau avec poids la question de la violence sans pourtant jamais la faire exploser : un subtil travail sur des états de corps à la densité à la fois continue et retenue, doublé ici d'une recherche de mouvement autour de la limite (ultime) avant le débordement.

​Martine Pisani, avec UNDATED, au jardin de l'évêché à 21h30. Une utopie poétique pour laquelle elle a convié dix interprètes qui ont traversé sa vie de compagnie. Des plus anciens aux plus récents. Des plus réguliers aux plus occasionnels. Un choix de cœur autant que de raison. Néanmoins, l'ambition de UNDATED n'est fermement pas de faire "œuvre de mémoire", mais plus volontiers de jouer les trous de mémoire : jongler avec un patrimoine, sans chercher à restaurer ou à reproduire un passé de toute façon révolu. Nul doute que UNDATED sera de cet acabit !

 


Informations pratiques et réservation

Tarif unique: 10 €

La billetterie est ouverte sur place du lundi au vendredi de 12h à 18h (2 place aux Herbes, Centre de Développement Chorégraphique, 30700 Uzès)
et en période de festival de 12h à 16h, puis sur les lieux de représentations, 1h avant chaque spectacle.

Téléchargez le bulletin de réservation sur uzesdanse.fr et renvoyez-le à location@uzesdanse.fr


ContactCentre de Développement Chorégraphique
2 place aux Herbes, 30700 Uzès au 04 66 03 15 39